Les Cheminées de Fées - Sportive : Marianne 27 ans, 75 Paris - Avril 2007

Impression d’ensemble : de grands espaces, un beau ciel bleu traversé de quelques buses féroces et autres gypaètes barbus, des paysages magnifiques et variés, des petits chevaux à la fois dynamiques et sûrs, de grands galops sur les hauts plateaux, des pique-niques délicieux, un groupe international et chaleureux, un guide qui se mérite, des gîtes on ne peut plus typiques… Je n’étais jamais partie en randonnée équestre de ce style mais je compte bien désormais tester toutes les randonnées proposées par Cavaliers du Monde ! Bref, une folle envie de remettre ça et un seul regret : six jours, c’est trop court.
 
Les paysages : je recherchais une sensation d’espace et je l’ai trouvée : les plaines, vallées, plateaux s’enchaînent sans barrière et sans barbelé. Les spots de la Cappadoce touristique (notamment la Vallée Rouge et la Vallée de l’Amour) sont à la hauteur de leur réputation, mais c’est encore la Cappadoce rurale et ses troupeaux de bergers que j’ai le plus appréciés, ainsi que les alentours du ranch de nos guides. La vision au loin du volcan Erciyes recouvert de neige est magique, ainsi que celle du village d’Ortahisar : deux repères très vite familiers que l’on ne peut s’empêcher de rechercher tout au long de la randonnée. Nous avons même eu la chance d’entrapercevoir, un matin où l’atmosphère était particulièrement limpide, la chaîne de montagnes du Taurus, enneigée également. Les endroits où nous laissions les chevaux le soir avant de nous réchauffer autour d’un petit thé étaient particulièrement bien choisis. C’est dur de retourner entre quatre murs…
 
L’intérêt culturel et historique : c’est la première raison pour laquelle je n’ai pas mis 20/20 : personnellement je n’y allais pas vraiment pour visiter musées et cathédrales, mais paradoxalement, une fois sur place, j’ai regretté qu’il n’y ait pas au moins une visite planifiée pour voir le musée en plein air de Gorëme. Nous sommes arrivés au village après sa fermeture, ceux qui étaient intéressés devaient donc le visiter le lendemain matin à 8h et être revenus pour le minibus à 9h30. Autant dire qu’avec la fatigue que nous commencions à avoir dans les jambes, ça n’a pas séduit les foules… Idem pour la visite des très beaux villages dans lesquels nous avons dormi : ils auraient mérité le détour mais nous avions très peu de temps à y consacrer. Pour le reste, le repas du soir dans la maison d’un ami turc du guide Nicolas fut vraiment génial et nous avons pleinement goûté à l’hospitalité des gens de la région, qui nous ont fait profiter lors de cette soirée mémorable de leur cuisine et de leur musique. Ainsi que de leur vin vert !
 
Les chevaux : je suis très bien tombée : une super Lulu (prononcer Loulou) gentille, équilibrée, au pied sûr et avec une sacrée accélération au galop. Dans l’ensemble tous sont très bien dans leur tête, et aucun débordement n’est à déplorer y compris pour les reprendre après de longs galops. Un seul cheval récemment castré et au coup de pied facile nécessitait d’être très vigilant sur les distances. Sinon, tous ont été parfaits pour cette première randonnée de la saison.
 
Les guides : vu que nous étions onze cavaliers, deux groupes ont été faits : l’un mené par Nicolas et l’autre par sa compagne, Dominique, qui a rapidement fait l’unanimité dans son groupe par sa gentillesse, tandis qu’un débat s’instaurait sur le cas Nico : trop ronchon ? trop renfermé ? pas assez pédagogue ? Sûrement un peu de tout ça, et il serait le premier à le confesser, mais ensuite comme le dit la chanson "c’est une question de feeling ", et en ce qui me concerne le courant est très bien passé, même s’il a mis du temps à s’instaurer ! Il faut juste savoir qu’effectivement, ce n’est pas le plus grand communicant du monde. Mais bon, d’un autre côté, on ne demande pas non plus à un guide de nous narrer des histoires à se taper le cul par terre. Et quand on arrive à lui tirer les vers du nez, il raconte sans se faire prier ses multiples voyages avec un humour qu’on ne lui soupçonnait pas au premier abord.
 
L’intendance : c’est la deuxième raison de mon 18 au lieu d’un 20 : elle concerne les gîtes ruraux. Côté Cavaliers du Monde nous étions prévenus que ce serait d’un confort sommaire et donc pas surpris outre mesure de la simplicité de l’accueil. Mais les autres participants sont manifestement tombés des nues devant les salles de bains "tout en un" avec pommeau de douche au-dessus des WC et les matelas locaux recouverts de tapis en guise de lit. Par ailleurs, il fait encore très frais en avril en Turquie, or les Turcs sont bien moins frileux que nous et la notion de chauffage leur échappe un peu, les nuits ont donc été particulièrement froides quand nous n’arrivions pas à obtenir de nos hôtes des radiateurs électriques, ou quand ceux-ci coupaient le chauffage central en pleine nuit (et même l’électricité, comme c’est arrivé) pour faire des économies… Du coup, certains ont fait scission et ont préféré se payer des hôtels d’à-côté. Je crois qu’ils auraient préféré que nous randonnions en étoile autour d’une pension appréciée par tous, celle du Kilim. Je conseillerais donc quand même de prendre un sac de couchage à cette période.
 
Suggestions :

NOTE : 18/20