Impression d'ensemble : un voyage hors du temps, hors de nos vies. Camps itinérants pendant six jours, suivre le temps au rythme du soleil, dérouler le parcours selon les puits et les points d'eau pour les chevaux, quelques habitations, des pêcheurs, des paysans, des écoliers, qui sortent tous de nulle part… Tous ces "Bonjour" et ces "Salam", tous ces sourires échangés aux bords des chemins. La nature brute. Et le choc en arrivant à Essaouira, la vulgarité du "tourisme"... après six jours à ne croiser que quelques villageois et avoir l'eau comme préoccupation. Un voyage hors de tout...
Les paysages : quelques photos en parleront, je l'espère, mieux que mes mots.
L'intérêt culturel et historique : croiser au puits, sous le soleil de midi, un vieil apiculteur venu de nulle part chercher de l'eau. Et, plus d'une heure après, le voir revenir à nous, toujours à pied à travers les pentes escarpées mais, cette fois, un plateau à la main pour nous offrir le thé et une assiette de miel… ce n'est pas de l'histoire. C'est une leçon.
L'intendance : prise en charge parfaite. Des repas aux saveurs à tomber. Un hommage à rendre à l'extrême pudeur des deux cuisiniers que j'aurais aimé avoir à notre table avec les guides (mais en avaient-ils le temps ?) Ils nous ont bichonnés sans cesse dans la plus touchante discrétion. Un grand merci à eux (le pain chaud du matin préparé alors que nous dormions encore, nos pique-niques frais du midi, le thé après avoir dessellé les chevaux, les délicieux tagines et couscous improbables au milieu de nulle part sous les étoiles).
Les guides : chaleureux et toujours attentifs. Pas un jour sans inspecter nos montures et passer la main sur le passage de sangle. Le lien sans faille entre nous tous de différents pays, de différentes langues. La convivialité et l'attention permanente pendant la journée. Toujours un mot, toujours un sourire. La souplesse pour encore nous faire plaisir dans le respect des chevaux et de la nature. Des compagnons dont nous avons partagé la vie à plein temps, qui nous ont fait découvrir leur pays.
Les chevaux : des amours ! Ŕ part à surveiller quelques rares incompatibilités d'humeurs entre certains étalons (en gros : le mien face à 2/3 autres). Le pied sűr, tout en se laissant guider entre les pierres au seul déplacement des rênes floches, prompts et pleins d'allant tout en étant toujours parfaitement contrôlables. Capables d'envolées enivrantes sur les plages comme de s'éloigner des copains pour traverser à pas comptés un troupeau de brebis hors des chemins sans les effrayer.