Au Cœur de l'Empire Mongol : Marie-Christine, 45 ans, 57 Talange - Août 2009

Impression d'ensemble : Mongolie, une vallée quelque part dans l'Arkhangaï, 15 août 2009, 18 h. Voilà 3 h qu'une pluie froide nous glace sur nos courageux petits chevaux. Au loin, la vallée est blanche de grêle, encore 8 km avant de planter nos tentes... Dur… Et puis, une yourte ! Une porte qui s'ouvre. Une famille, grand-mère au sourire magnifique en tête (Cf photos de Jean-Michel), qui nous réchauffe, nous nourrit (ah ! la saveur de ce ragoût de mouton alors que l'orage continue à faire des siennes dehors…) héberge sept cavaliers fourbus, cédant ses propres lits pour aller s'entasser dans une petite yourte voisine... Magie d'une hospitalité ancestrale… Bienvenue en Mongolie !
Les paysages : ami cavalier, si tu as eu la chance de parcourir le désert de sable, tu retrouveras cette ivresse particulière apportée par l'infini horizontal, le vert intense des collines et forêts, l'argent des rivières en plus... Le rythme soutenu de la rando, nos joyeux galops, font défiler les vallées, pas de monotonie ! Au détour d'un rocher, c'est un troupeau de yacks (j'en rêvais depuis Tintin au Tibet !) Tous les matins en ouvrant nos tentes, des troupeaux de chevaux galopant au loin menés par d'intrépides cavaliers, des milliers de chèvres, moutons, dans le ciel milans royaux, aigles, vautours. Et le spectacle nocturne ! Surtout, prendre avec soi une carte du ciel mongol. Observation d'une rare pureté, 360 ° de ciel étoilé, aucune pollution lumineuse, le pied !
L'intérêt culturel et historique : pour l'histoire, Gengis Khan à toutes les sauces, incontournable, mais… c'est de bonne guerre ! Pour la culture, découverte pour ma part du bouddhisme qui revit depuis la chute du Mur (et pas que le bouddhisme ! les Mongols ont leur passeport depuis 1990 seulement !), visite de temples, notamment le petit temple perché à 2500 m de Tovkhon. Découverte aussi d'une très belle langue, magnifiques musiques et chants nomades qui ont bercé nos trajets en minibus et nos bivouacs… On a même eu droit a une petite soirée avec musicien et petite contorsionniste de 13 printemps ! Bel artisanat du cuir, du feutre, fantaisie colorée des tissus qui ornent l'intérieur des yourtes.
L'intendance : vols et transferts pas de soucis. Superbe aéroport de Pékin, il y a même un salon de massage, divin au retour pour nos corps de quadras un peu malmenés… Pour les tentes, on est un peu à l'étroit, mais on se tient chaud ! (très gros écarts de température !)... Pour la nourriture, si on n'a pas d'a priori envers le lait sous toutes ses formes et le mouton, on fait de réjouissantes découvertes ! Rien de plus requinquant qu'un bol de thé salé pour se remettre d une journée de chevauchée... Si si... Bon, l'ayrak (lait de jument fermenté), c'est une boisson d' homme, ça m'a bien arrangée... Sinon, fromage de lait de vache, du plus frais (pressé sous nos yeux) au plus sec (parfait à l'apéro !) ourouch (délicieux raviolis de mouton légumes) ragoût de mouton aux pierres chaudes (merci Erdenne) marmotte rôtie (exceptionnel !) pour les estomacs sensibles, très bons potages de nouilles maison et petits légumes. Penser à prendre du chocolat : au bivouac, ça accompagne très bien bière mongole et vodka…  
Les guides : à l'image de leur pays : magnifiques ! Oghi, notre guide équestre, pleine d'entrain et toujours réactive. Erdenne, notre adorable chauffeur et aussi chanteur à ses heures (en fin de bivouac de préférence…) aux petits soins avec nous ! Akha, notre cuisinier de 20 ans qui s'est débrouillé comme un chef, et Hirchmé, notre éleveur de chevaux... Ah ! le rire d'Hirchmé, symbole de tolérance et de joie de vivre ! On se l'est même enregistré, son rire. Bon d'accord, les selles russes doivent dater d'avant la chute du fameux Mur... Mais quelle compétence, connaissant parfaitement ses chevaux, nous attribuant au premier coup d'œil le cheval adéquat (Jean-Michel ce n'est pas de sa faute si tu fais 1.90 m... Là c'est sûr, c'est un peu compliqué…) et toujours présent pour nous venir en aide.
Les chevaux : vous connaissez « Le petit cheval dans le mauvais temps » de Brassens ? Il devait avoir du sang mongol... Courageux, tenaces, toujours partants pour galoper et tenir un trot d'enfer sur des kilomètres, le pied sûr dans les tourbières (parfois on a l'impression de trotter dans un champ de taupes gigantesque). que du bonheur pour une cavalière très moyenne comme moi. En revanche, qualités sportives et endurance indispensables pour le cavalier, et esprit d équipe bienvenu !!
Suggestions : difficile de loger un couple un peu surdimensionné dans les Quechuas 2 places, peut-ètre prévoir des 3 places pour 2 ? Ah... le pliage de ces tentes... comme JM, toujours rien compris au bout de 10 jours... Merci Erdenne et Oghi... Si dos sensible, penser à prendre un tapis de sol supplémentaire, intégré au sac de couchage ou autogonflant, c'est super efficace. Pour finir, groupe de cavaliers EXTRA !!! Merci Muriel, Nathalie, Camille, Jean-Michel pour tous nos moments de partage. Très, très important l'esprit d'équipe dans cette rando magnifique mais qui réclame beaucoup d'endurance. Maintenant je rêve des Tsaatans… En attendant, je passe en boucle mon CD de chants nomades dans ma C4…

NOTE : 19/20